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Fév

Le jour où j’ai rencontré Tom SZAKY…

Peu de gens connaissent Tom SZAKY en France, pourtant, cet entrepreneur américain est un peu le Bill GATES du recyclage. Il dirige la société TERRACYCLE depuis 2002, dont le business model se développe actuellement à travers le monde entier.

Que faire des déchets alimentaires et des déchets plastiques ? Tom SZAKY a tout compris, il organise grâce aux brigades des collectes des déchets (emballages des paquets de bonbons, cookies, gâteaux, stylos, rasoirs, bouteilles de shampoing, etc.) dans les écoles, les entreprises et les associations, puis sa société nettoie et recycle ces déchets en de jolis sacs, trousses, arrosoirs, cadres photos, etc. Cela s’appelle de l’UPCYCLING, ou l’art de redonner une seconde vie (plus belle que la première) à un produit. Ils s’attaquent même aux mégots de cigarettes !

Quand Fred et moi avons rencontré Tom SZAKY, nous étions encore sur Istanbul et nous avons eu beaucoup de chance. Nous l’avions rencontré alors qu’il souhaitait se lancer en Turquie et en France, Fred lui a même organisé des RV avec des entreprises turques, et c’est ainsi que nous avons eu l’occasion de passer deux heures ensemble autour d’un bon  déjeuner.

J’avoue qu’à l’époque, j’étais très impressionnée par le personnage bien avant de l’avoir rencontré, vu ce qu’il avait accompli dans le Green business avant d’avoir 30 ans et la couverture médiatique qu’il avait eue aux USA (il a publié un livre, reçu de nombreux prix, participé à des émissions TV (Garbage Moguls), fait les premières pages de FORBES, réalisé des interviews sur CNN). Pourtant, en face de moi, je n’avais pas un entrepreneur imbu de son succès, bien au contraire, Tom est du genre cool, il met tout le monde à l’aise et est souvent en jeans et baskets Nike. Par contre, à ses côtés un de ses Business Angels (Richard P.), qui l’accompagnait, était en costume cravate et très business oriented comme on le dit outre-atlantique. Du genre à recadrer les conversations quand on parle de choses personnelles, à poser des questions qui tuent, en vous regardant droit dans les yeux. J’avais l’impression de passer un entretien d’embauche alors que ce n’était vraiment pas le but du déjeuner… quoique !

Quoiqu’il en soit, ces deux acolytes là avaient une chose en commun, ils n’avaient aucun scrupules à dire qu’ils faisaient de l’eco-capitalism pour gagner de l’argent, avant de vouloir faire du bien à la planète. Leur devise : « we turn trash into cash » soit « nous transformons les déchets en monnaie ». Car l’envers du décor que tous les américains ne connaissent pas forcément, c’est que TERRACYCLE fabrique la plupart des produits avec des déchets industriels (donc récupérés directement dans les usines) puis transformés en Chine et reenvoyés aux USA en produits finis. Bref, ça fait un bilan carbone un peu catastrophique. Les américains sont peut être dupes, pas les français, et c’est pourquoi à mon avis le business model a du mal à décoller en France. Les gens en ont marre du greenwashing.

Moi, Fred, Tom et Dodo en mars 2010

Cette rencontre m’a beaucoup marquée, et je suis attentive depuis 2010 à l’évolution des projets de Tom. J’aurais bien aimé travailler pour une société comme TERRACYCLE, l’idée de base est excellente, elle touche une problématique commune à tous les pays (que faire de nos déchets, comment les valoriser ?). De même, c’est un peu comme les débuts de FACEBOOK ou GOOGLE, il y a sûrement plein de choses à apprendre, à créer et une dynamique d’équipe extraordinaire. Mais à l’époque Fred et moi n’étions pas assez « gros » pour se joindre à l’aventure, nous n’avions que nos personnalités et nos compétences à mettre sur la table, alors qu’il aurait fallu des comptes en banque bien garnis…

6 Responses to "Le jour où j’ai rencontré Tom SZAKY…"

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  1. Susy Barreau

    15 février 2013 at 15 h 15 min

    Bonjour,

    Tout d’abord merci pour ce magnifique article sur TerraCycle. Mon nom est Susy et je m’occupe de TerraCycle en France. Je lis que le business model de TerraCycle ne prends pas bien en France et je voulais donc juste vous faire part des derniers développement de TerraCycle en France. Nous collectons déjà 5 types de déchet différents (après un an et demi d’existence), nous avons plus de 11 000 organisations participantes et nous avons collecté plus de 2 millions d’unités de déchets. Enfin nous avons reversé près de 20 000 euros à des associations du fait des collectes réalisées par les équipes participantes. Au vu de ces chiffres et de l’enthousiasme rencontré en France nous parlons en fait de la France comme de l’un des pays où TerraCycle fonctionne le mieux! Concernant la manière dont nous réalisons les produits que nous faisons. Les produits dont vous parlez, réalisés à partir de déchets pré-industriels représentent moins de 5% de notre activité. Ils ne sont généralement pas faits en Chine mais au Mexique ou aux USA pour les déchets collectés en Amérique et en Angleterre ou en Hongrie pour ceux collectés en Europe. 95% de nos produits proviennent des opérations de recyclage des déchets post-consommateurs récoltés grâce à nos Brigades. Ces opérations sont en général réalisées localement (en France nous faisons actuellement des essais dans des unités de recyclage du massif central). Nous avons également réalisé des études de cycle de vie prenant en compte un « pire » cas hypothétique avec des transports de la matière en Chine, puis en Angleterre… Même dans ce cas, les produits que nous fabriquons ont un impact carbone moindre en comparaison avec des mêmes produits réalisés à partir de matière vierge en effet dans ce dernier cas l’extraction de matière première a toujours un impact bien supérieur à celui des transports. A votre disposition pour en discuter, Bien cordialement, Susy

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    • Marie-France

      15 février 2013 at 15 h 43 min

      Merci Susy d’avoir pris le temps d’éclaircir certains points évoqués dans mon article. Je suis heureuse de constater qu’il y a eu des améliorations dans le Business Model de Tom. Par contre, je suis étonnée d’apprendre qu’il y a 11.000 organisations participantes, ceci ne doit pas concerner que la France, mais un territoire géographique beaucoup plus large. Personnellement, je viens de passer 3 jours sur Paris, j’habite proche de Lyon et je n’ai jamais vu aucun point de collectes TERRACYCLE en France, et encore moins dans les écoles ou associations de ma ville (30.000 habitants). Bref, comparé a l’engouement des américains, je reste persuadée que les français sont plus sceptiques et que votre business model n’est pas aussi Green qu’il en parait, même si l’idée de départ est excellente 😉

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      • Susy Barreau

        18 février 2013 at 10 h 52 min

        Bonjour Marie-France,

        11 000 équipes de collecte c’est bien sur la France métropolitaine uniquement. Il est normal cependant de ne pas voir de points de collecte car nous n’avons pas de points de collecte publics. Sur ces 11 000 équipes environ 3 tiers sont des particuliers qui collectent chez eux et le reste des équipes sont des entreprises, des écoles, des communautés de commune qui collectent dans leur locaux. Si les écoles et associations de votre ville ne s’y sont pas encore mises pourquoi ne pas les motiver? 🙂

        Je suis curieuse cependant de savoir pourquoi, malgré les LCA que nous avons fait vous restez persuadée que notre modèle n’est pas green?

        Répondre
        • Marie-France

          18 février 2013 at 11 h 54 min

          Chére Susy,

          Je motive plutôt les parents à ne pas produire de déchets pour les goûters, à éviter les aliments industriels et donc à donner pour le goûter du pain, des gâteaux faits maison, etc. Beaucoup plus sains pour nos enfants et pour la planéte (moins d’emballage). Je pense que votre modéle est une excellente idée au départ, car en effet les plastiques alimentaires (+ mégots de cigarettes, rasoirs, etc.) ne sont pas recyclés actuellement. Mais je trouve que cela n’est pas trés green parce que : 1/ les familles consomment des produits industriels et emballés (donc pas forcément fabriqués en France) ou toxiques (cigarettes), 2/ qu’ensuite ces emballages sont envoyés par courrier à TC, puis ré-expédiés dans des centres européens pour être traités, modifiés, transformés, puis réexpédiés dans des points de ventes en produits upcyclés.
          Ça fait beaucoup de kilométres parcourus pour chaque emballage / produit, non (surtout aux USA) ? Vous avez déja calculé votre bilan carbone ?
          Idéalement, il faudrait que les emballages soient récoltés / transformés / vendus sur un même périmétre (régional) pour que votre modéle soit vraiment green 😉
          Mais je reste cependant trés admirative de Tom, de son parcours et de ses idées !

          Répondre
  2. Nathalie

    5 mars 2013 at 11 h 02 min

    Merci pour cet article que je trouve bien documenté ainsi que les commentaires qui enrichissent énormément la discussion. Merci pour le côté « pas dupe » qui encourage et reste admiratif.
    Bref je suis fan…

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