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31
Mai

Acheter moins, bien choisir, faire durer

Dans une autre vie, je n’avais pratiquement aucune conscience écologique en ce qui concerne la mode. Je ne regardais jamais les étiquettes (sauf celles où le prix etait marqué bien sûr), j’achetais ce qui me plaisait. Et le problème, c’est que j’achetais beaucoup plus que ce dont j’avais vraiment besoin. Mes armoires étaient pleines, mais pas à craquer, je n’étais pas non plus une fashionista compulsive, juste une jeune femme qui aimait la mode.

Mes principales préoccupations en matière vestimentaire étaient :

  • Que ça ne coûte pas trop cher, je n’ai d’ailleurs jamais aimé les marques qui se voient ni tous les trucs de snobs,
  • Que ça ne soit pas trop compliqué à laver,
  • Que ça soit noir (ça va avec tout) ou blanc (ça va avec tout). Ou pas trop bariolé.

Bref, au moins 70 % de mon dressing était fabriqué en Turquie (puisque j’y habitais et qu’on produit des millions de vêtements sur place), le reste venait sûrement de Chine.

Et puis un jour tout a basculé. Je crois que c’était lors de ma première grossesse. J’ai eu envie de faire le vide autour de moi, j’ai passé mes journées de congé maternité à trier mes armoires, les tiroirs et les placards. J’ai lu au même moment le livre de Dominique Loreau, dans lequelle elle raconte que tout ce qu’on ne porte pas dans l’année devrait être donné, jeté ou recyclé. J’ai alors donné des sacs et des sacs de vêtements, et, même s’ils ne m’avaient pas coûté grand chose (en Turquie, les fringues sont 2 à 3 fois moins chères qu’en France), je me suis alors demandée : A quoi ça rime tout cela ? Tout cet argent dépensé pour des fringues que je porte jamais et que je finis par donner ?

green_mode_ethique

Après cela, j’ai eu une période où je ne pouvais plus rien acheter, chaque fois que je partais en virée shopping, je revenais bredouille. Je prenais un vêtement sur un cintre, le regardais quelques instants, puis je me disais : Tu l’as déjà, tu ne le mettras qu’une fois, es-tu sûre que ça te va ? et je finissais par sortir de la boutique. J’avais enfin compris une chose : comme des milliers de femmes et d’hommes je surconsommais. Ce n’était plus possible de vivre comme cela, désormais, je n’achéterai que des vêtements qui me vont, que je sûre de porter souvent, qui se lavent facilement et qui sont éthiques. Devant moi s’ouvraient grandes les portes de la slow fashion, la mode durable.

Et puis, j’ai commencé comme Community Manager à travailler avec un site marchand spécialisé dans la mode éthique. J’ai découvert un univers que je ne connaissais pas : Des créateurs et des marques engagées comme Peau Ethique, Ekyog, 1083, Patagonia qui s’efforcent de vendre un vêtement à son juste prix, c’est à dire en évitant d’acheter peu cher dans les pays à bas coût pour le revendre jusqu’à 4, 5 fois voir même 10 fois son prix d’achat dans les pays « riches ». Certaines de ces marques ont du mal à survivre parce que les gens ne comprennent plus pourquoi un jeans Made in France, fabriqué localement par une petite entreprise de la Loire est vendu 4 fois plus cher que le Jeans qu’ils trouvent chez Kiabi, fabriqué lui a plus de 10.000 km.

Ce qui s’est passé dernièrement au Bangladesh, ce n’est pas que la faute des grandes enseignes de mode qui exploitent des ouvriers dans des endroits sinistres. C’est aussi notre responsabilité à nous tous. Nous les femmes qui voulons être à la mode mais s’habiller pas cher. Nous (les consommateurs) qui se voilons la face en achetant des vêtements sans se soucier d’où ils proviennent, dans quelles conditions ils ont été fabriqués, à quels coûts, etc.

Maintenant, je suis très sensible à tout cela, et c’est une bonne chose parce que je me sens consomm’actrice, et surtout, je dépense beaucoup moins d’argent inutilement. Bien sûr, je ne vais pas vous mentir, les marques qui s’engagent pour la protection de l’environnement, pour le commerce équitable proposent souvent des vêtements, chaussures ou accessoires qui ont un coût plus élevé que la plupart des vêtements vendus dans le commerce.

Finalement, acheter durable, c’est acheter des articles un peu plus chers que la moyenne mais que l’on va garder plus longtemps (on dépense moins en volume mais côté finance on s’y retrouve). Une paire de chaussures écologiques à 80 € qui va vous durer 5 ans vaut mieux que 5 paires à 20 euros qui vont vous durer un an chacune). Et pour ceux qui n’ont pas le budget pour s’habiller éthique, le mieux est de s’habiller d’occasion. On évite le gaspillage, on peut se laisser aller à des achats compulsifs (puisqu’on ne dépense en moyenne guère que 5 euros). On trouve des trucs très bien dans les vide-greniers, les friperies ou les ressourceries, il suffit d’avoir l’oeil et de savoir fouiller ! Il faut aussi connaître ce qui nous va vraiment (coupe, couleur).

Westwood_buy_less

Pour le moment, tous mes vêtements ne sont pas issus de la mode éthique ou de seconde main, mais je m’y efforce petit à petit. Adieu les choses qui ne me vont pas, ou les achats loupés. Mes dernières acquisitions ont été mûrement réfléchies. Avoir moins de vêtements vous rend la vie plus facile, je ne passe pas deux heures devant mon armoire à me demander ce que je vais mettre puisque j’ai fait en sorte d’avoir des vêtements basiques qui vont ensemble, côté rangement ça tient moins de place et on y voit beaucoup plus clair.

D’ailleurs, me croiriez-vous si je vous disais que mon dressing est deux fois moins rempli que celui de mon mari ?

 

 

6 Responses to "Acheter moins, bien choisir, faire durer"

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  1. So Oh Cliché

    31 mai 2013 at 14 h 52 min

    Je me retrouve à 100 % dans ton billet et ça fait du bien 🙂 Quand j’ai commencé à avoir cette prise de conscience mes copines me regardaient avec des yeux ronds et me disaient « mais heu, tu ne vas plus chez H&M alors ? mais tu fais comment ? ». Oui, c’est sûr que c’est dur et un poil déprimant. Eplucher les étiquettes, se dire « tiens, j’aime bien », voir Made in China et finalement reposer le vêtement. Mais finalement à chaque fois je ne regrette pas car ces achats ne me manquent pas ! Je redécouvre mes armoires et j’apprends à tout porter et amortir ce que j’ai déjà 🙂 La dernière étape que je n’ai pas franchie, le vintage ! J’ai du mal avec l’odeur de renfermé… Et j’ai lu un jour que ce n’était pas feng shui ! Bref, désolée, je papote, mais ça fait du bien de trouver quelqu’un qui pense un peu comme vous ^^

    Bon week-end et merci !

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    • Marie-France

      31 mai 2013 at 18 h 52 min

      Welcome So Oh Cliché ! J’en ai profité pour laisser un message sur ton blog que je viens de découvrir, très chouette ! Les fringues que je trouve dans les vide-greniers n’ont pas l’odeur du renfermé, plutôt ceux de la lessive chimique 😉 Mais bon, chacun fait comme il peut et veut ! Il n’y a pas de règle, Fen Shui ou pas, l’essentiel est de freiner sa consommation et d’acheter durable. Et perso, H&M ne me manque pas du tout 🙂

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  2. Malbaut

    31 mai 2013 at 20 h 02 min

    Je me reconnais car depuis peu, moi aussi j’élargie ma conscience sur ma « con-sommation » pour devenir consomm’acteur. Je réalise le « sang » que l’on porte sur soi comme l’événement au Bengladesh quand on a envie de s’acheter un petit T-shirt pas cher et sympa mais dont on a pas vraiment besoin… L’achat éthique coûte plus cher et je n’ai pas un gros budget mais j’ai tellement la conscience tranquille que je préfère acheter moins. Merci pour cet article qui me redonne du courage 😉

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    • Marie-France

      31 mai 2013 at 20 h 17 min

      C’est vrai Malbaut que dans ce monde de surconsommation, on se sent un peu seule parfois. Moi aussi je ne dépense pas beaucoup en fringues, et je ne m’en porte pas plus mal 😉 Comme vous le dites si bien j’ai la conscience plus tranquille !

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  3. fanfreluque

    10 juin 2013 at 9 h 59 min

    Bonjour,
    J’étais un peu pareil que tout le monde, quand mes finances me le permettait, je me faisais une bonne virée shopping..Et puis, je suis partie étudier en irlande pendant plus d’un an, et je ne me voyais pas acheter des vêtements que, faute de place, je ne pourrais pas ramener avec moi. Alors, bon gré mal gré, j’ai cherché d’autre solutions pour continuer à m’amuser avec la mode, et par chance, Dublin fourmille de « second hand shop », ces magasins de charité où tout le monde donne ses affaires (les bénéfices vont donc à diverses associations, en plus :), et j’ai trouvé des merveilles (si si) à 2, 3, 5 euros. Toute l’année je me suis habillé la bas, des robes, des chaussures. Tout les 2-3 weekends, j’allais avec un billet de 20 euros grand maximun et je revenais toujours avec des trouvailles. Je peux vous dire que le jour ou j’ai accompagné des amies faire du shopping « classique », ce n’était pas temps le coté « je ne veux pas consommer » qui l’emportait, mais le coté « quoi, pour un tee-shirt, c’est 15 euros??? » (oui, je suis donc devenue radine..:). Et le jour où j’ai du donner ces vétements, retour à l’envoyeur, le cycle se perpetura avec une nouvelle personne qui ne pourra plus repasser dans le circuit classique. Alors si, ca m’arrive encore maintenant d’aller dans les magasins classiques, mais je ne fais plus aucune razzia, c’est vraiment rare et si je n’ai pas trouvé l’accessoire qu’il me faut et puis il faut bien des chaussettes etc…

    XX

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    • Marie-France

      10 juin 2013 at 11 h 29 min

      Merci pour ce témoignage Fanfreluque ! J’aime cette idée de cycle, d’ailleurs c’est ce que je dis aux amies à qui je donne des affaires de Titi ou Dodo pour leurs enfants : Faites circuler, ne me rendez rien, ça va finir dans un carton sinon au fond du grenier !

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